Une nouvelle rue, un immeuble, une place plantée, un commerce… Derrière chaque élément de ce nouveau quartier, interviennent de nombreux métiers et acteurs. Collectivités, aménageur, architectes, paysagistes, promoteurs, entreprises : chacun joue un rôle différent dans la fabrication du quartier. Mais qui fait quoi, concrètement ?
Un projet urbain comme la Zone d’Aménagement Concertée de Gratte-Ciel centre-ville ne sort pas de terre d’un seul dessin et ne repose pas sur un acteur unique. Entre les premières orientations et la livraison d’un logement, d’un commerce ou d’un nouvel espace public, plusieurs années peuvent s’écouler et de nombreux professionnels se succèdent ou travaillent ensemble.
Pour comprendre comment se fabrique le futur centre-ville élargi, on peut suivre le projet presque comme une chaîne : les collectivités fixent le cap, l’aménageur organise sa mise en œuvre et les équipes de conception dessinent le quartier. Puis, les acteurs qui portent les constructions – promoteurs immobiliers, bailleurs sociaux et autres constructeurs selon les programmes – réalisent les bâtiments avec leurs entreprises, tandis que les entreprises de travaux publics aménagent les rues, les places et les réseaux. Enfin, habitants, riverains et usagers donnent progressivement vie au quartier.
La Métropole de Lyon et la Ville de Villeurbanne fixent le cap
La Métropole de Lyon est à l’origine de l’opération d’aménagement Gratte-Ciel centre-ville. Elle en définit, avec la Ville de Villeurbanne, les grandes orientations et participe aux décisions qui structurent le projet. Elle deviendra également gestionnaire d’une grande partie des espaces publics, notamment des voiries, des arbres d’alignement et de certains réseaux.
La Ville de Villeurbanne est quant à elle étroitement associée au projet et porte plusieurs de ses futurs équipements publics : groupe scolaire, crèche, complexe sportif, pôle jeunesse ou encore cinéma. Elle aura aussi demain un rôle dans la gestion de certains espaces, notamment pour l’éclairage public, les espaces verts (hors arbres) et les jardins comme
Autrement dit, les collectivités donnent l’ambition, contribuent au financement de l’opération et définissent ce que le quartier doit apporter à la ville : logements, espaces publics, équipements, commerces, végétation, mobilités… Mais elles ne réalisent pas seules l’ensemble du projet.
La SEM SERL, le chef d’orchestre du projet
Pour mettre en œuvre Gratte-Ciel centre-ville, la Métropole de Lyon a confié après une mise en concurrence l’aménagement de la ZAC à la SEM SERL, société d’économie mixte, avec un actionnariat public et privé.
Son rôle est celui d’un chef d’orchestre : elle organise et coordonne la transformation du site sans concevoir elle-même les bâtiments. Elle pilote les études, prépare les terrains, réalise les espaces publics dont elle a la maîtrise d’ouvrage, puis cède les terrains aux acteurs chargés de construire les différents programmes. Tout au long du projet, elle veille à la bonne articulation entre les nombreux intervenants et à la cohérence d’ensemble du quartier.
Dans un quartier où plusieurs chantiers peuvent se dérouler en parallèle, ce rôle de coordination est essentiel : il faut par exemple organiser les calendriers et le phasage, les accès aux chantiers et les interventions sur les réseaux tout en maintenant le fonctionnement du quartier existant.
Architectes, urbanistes, paysagistes, ingénieurs : ils dessinent le quartier
Vient ensuite le temps de la conception. Là encore, il n’existe pas un seul « architecte de Gratte-Ciel centre-ville », mais toute une équipe de professionnels aux compétences complémentaires.
À l’échelle générale du projet, ANMA – Nicolas Michelin & Associés intervient comme architecte-urbaniste en chef. Son rôle est notamment de garantir une cohérence d’ensemble entre les différents bâtiments, les espaces publics et l’identité architecturale recherchée pour le prolongement des Gratte-Ciel historiques. Autour de cette équipe interviennent aussi des spécialistes de l’environnement, de l’ingénierie ou encore de la lumière.
Les espaces publics font eux aussi l’objet d’une conception spécifique, avec notamment In Situ pour l’urbanisme et le paysage et Artelia pour les aspects techniques (voirie, réseaux, etc).
Ces métiers se complètent : l’architecte réfléchit aux bâtiments, le paysagiste aux plantations et aux usages des espaces extérieurs, les ingénieurs rendent possibles les choix techniques, tandis que les spécialistes de l’environnement, de l’éclairage ou des réseaux apportent leur expertise.
C’est de ce travail collectif que naissent progressivement les rues, les places, les bâtiments et les paysages du futur quartier.
Pour chaque îlot, de nouvelles équipes prennent le relais
Une fois les grands principes du quartier définis, chaque ensemble immobilier possède sa propre équipe.
La ZAC Gratte-Ciel centre-ville est ainsi composé de plusieurs macro-lots, c’est-à-dire de grands ensembles réunissant plusieurs bâtiments, tous faisant partie d’une même future copropriété. Chacun est confié à un opérateur qui porte sa réalisation et s’entoure de ses propres architectes et paysagistes.
Par exemple, le macro-lot A est porté par Cogedim, avec les agences Vera & Associés, COSA et Atelier 131.
Le macro-lot B par Quartus, avec ANMA, DND et FAY
Lle macro-lot C par Rhône Saône Habitat, avec Hardel Le Bihan, HEROS et Plages Arrière
Le macro-lot D par Les Nouveaux Constructeurs, avec BAMAA Architectes, Dechelette Architecture et Marco Rossi.
Ces équipes ne repartent pas pour autant d’une page blanche. Elles travaillent dans le cadre du plan général du quartier et de règles communes définies pour préserver sa cohérence. Un cahier de prescriptions fixe ainsi les grands principes architecturaux, urbains, paysagers et environnementaux à respecter tout en laissant une marge de création à chaque équipe.
C’est ce fonctionnement qui permet de préserver une cohérence à l’échelle de Gratte-Ciel centre-ville, tout en laissant à chaque équipe sa propre expression architecturale. Les différents projets s’inscrivent ainsi dans un ensemble commun et dans l’héritage des Gratte-Ciel historiques, sans pour autant reproduire partout les mêmes bâtiments.
Puis vient le temps du chantier
Plans et études doivent ensuite devenir réalité. Maçons, grutiers, électriciens, plombiers, menuisiers, façadiers, spécialistes des réseaux, entreprises de travaux publics ou paysagistes prennent alors le relais sur le terrain.
Et là encore, la coordination est importante : à Gratte-Ciel centre-ville, les constructions des différents macro-lots côtoient les travaux des espaces publics, les interventions sur les réseaux et d’autres projets menés à proximité (comme le prolongement du tram T6, géré par SYTRAL Mobilités).
Un coordinateur interchantiers, accompagne ainsi la SEM SERL pour organiser les différentes interventions, anticiper les interfaces entre chantiers et suivre leur calendrier.
Le quartier se construit donc par étapes, et non comme un ensemble qui apparaîtrait en une seule fois.
Enfin, faire un centre-ville, c’est aussi préparer sa vie future
Construire des bâtiments et aménager des rues ne suffisent pas à faire un centre-ville. Encore faut-il que des commerces ouvrent, que les équipements accueillent leurs publics et que les nouveaux espaces soient progressivement investis.
Sur le volet commercial, la Société Villeurbannaise d’Urbanisme (SVU), via Gratte-Ciel Développement, sa filiale créée avec la Banque des Territoires, occupe une place particulière : elle deviendra propriétaire des commerces de la ZAC et accueillera leurs futurs locataires. L’objectif est de permettre la cohabitation d’enseignes nationales et de commerces indépendants au sein du futur centre-ville.
Puis viendront celles et ceux qui utiliseront véritablement ce nouveau morceau de ville : commerçants, associations, habitants, salariés, visiteurs, familles, élèves…
Car fabriquer Gratte-Ciel centre-ville ne consiste pas seulement à construire un quartier : il s’agit de créer les conditions pour qu’il devienne, progressivement, un véritable lieu de vie.
